Portrait de Bruno Boré

Bruno Boré

25 ans de fonction publique, des chocs fondateurs et une conviction : parler d'argent simplement peut changer une vie.

Ce qui me définit

Adjectifs

Créatif, courageux, bienveillant, pédagogue, authentique, curieux, sensible

Mes valeurs

Liberté, respect de soi, authenticité, transmission, responsabilité, simplicité, conscience écologique et financière

Je ne suis pas venu à l'éducation financière par hasard. J'y suis arrivé par une série de chocs, de prises de conscience et de décisions difficiles, après 25 ans dans la fonction publique, des rencontres marquantes, des scènes que je n'oublierai jamais. Ce que vous allez lire, ce ne sont pas des théories, ce sont des moments de vie qui m'ont forgé, et qui expliquent pourquoi je fais ce que je fais aujourd'hui, avec la conviction que parler d'argent peut changer une vie.

Chapitre I

Le jour où j'ai osé former

BD chapitre 1

Je devais avoir une trentaine d'années, et j'étais bien installé dans ma vie de directeur financier d'une collectivité locale de 11 000 habitants. Un poste carré, sérieux, où l'on attend de vous de la rigueur et du contrôle… pas forcément de la créativité. Un matin, la DRH me glisse : « Bruno, tu pourrais faire une journée de formation budgétaire pour les agents. Ça serait bien. »

J'ai senti ma gorge se serrer. Une journée entière, devant trente personnes, sur un sujet qui ne fait rêver personne : le budget, les chiffres, la comptabilité… De quoi faire fuir les plus motivés. Et moi, introverti, pas vraiment formateur, encore moins l'âme d'un showman.

Mais l'idée m'a travaillé. Je voyais bien que si les agents comprenaient mieux les bases du budget, mon service fonctionnerait mieux. Alors pourquoi pas ? On a diffusé un questionnaire pour savoir ce que les gens voulaient comprendre. Et en lisant leurs réponses, j'ai senti que je n'avais pas le droit de leur présenter quelque chose d'académique ou de soporifique.

Alors j'ai eu une idée un peu folle : et si je rendais ça vivant ?

J'ai inventé un personnage, M. Candide, un maire fraîchement élu, plein de bonne volonté mais totalement ignorant de la gestion publique. Dans ma formation, je répondais à ses questions, comme s'il était dans la salle.

Le jour J, j'étais tétanisé, les mains moites et le cœur qui battait un peu trop vite. Mais j'ai osé. À un moment donné, je me suis dirigé vers la porte et j'ai fait semblant d'accueillir M. Candide. Puis j'ai allumé le rétroprojecteur, et un personnage avec une écharpe tricolore est apparu sur l'écran. C'était lui. La salle a éclaté d'un rire bienveillant, et l'attention est restée toute la journée. À la fin, les agents sont venus me voir : « On a compris des choses pour la première fois. » « C'était clair, drôle, vivant. »

J'ai senti quelque chose se fissurer en moi : la carapace du fonctionnaire introverti. Ce jour-là, j'ai découvert un talent que je ne soupçonnais pas, celui de transformer un sujet rébarbatif en quelque chose de digeste et agréable à écouter. Et cette formation, aujourd'hui encore, c'est une pierre fondatrice de ce que je fais : aider à parler d'argent simplement, sans jargon, avec créativité et humanité. Parce que je crois qu'on peut parler d'argent sérieusement… sans se prendre au sérieux.

La morale

Oser rendre vivant un sujet rébarbatif révèle un talent caché et pose les bases d'une transmission authentique.

Chapitre II

Le choc du trou

BD chapitre 2

En 2008, j'avais 44 ans et je venais de rejoindre une collectivité qui gérait les ordures ménagères. Un vendredi après-midi, mon directeur général me propose de visiter le centre d'enfouissement avec les nouveaux élus. Je suis curieux, alors j'accepte, sans me douter de ce qui m'attend.

On monte dans un minibus. À l'arrivée, il fait lourd, et l'air sent déjà le mélange de terre et de vieux déchets. Devant moi s'ouvre un cratère gigantesque, bien plus grand qu'une piscine olympique, avec un liner qui remonte sur les parois comme une blessure qu'on essaie tant bien que mal de soigner. Des tonnes de déchets compressés, tassés, entassés, comme si la terre elle-même n'arrivait plus à respirer. Tour à tour, des camions arrivent, lèvent leurs bennes et déversent ce que chacun de nous a mis dans sa poubelle les jours précédents.

S'est alors brisée l'illusion du bac à ordures qui se vide seul, comme par magie. Je me suis dit : voilà donc où tout finit, ici, sous nos pieds, et pour des centaines d'années.

Je me suis senti naïf, un peu coupable, triste aussi. Il y avait sans doute des objets que j'utilisais tous les jours, peut-être même des choses qui auraient pu être recyclées, et qui finiraient là pour des générations. Une absurdité totale : tant d'énergie dépensée pour produire, transporter, emballer… pour finir au fond d'un trou.

J'ai commencé à regarder mes achats différemment : est-ce utile ? Est-ce durable ? Est-ce recyclable ? Ai-je vraiment besoin de ça ? J'ai réalisé que consommer, c'était cautionner, et que jeter, c'était payer deux fois : financièrement et écologiquement. Des années plus tard, cette prise de conscience alimente encore ma démarche. Parce que je crois qu'acheter mieux, quand cela est possible, c'est préserver la planète… mais aussi son portefeuille. Chaque achat est un vote, et ce vote-là nous appartient.

La morale

Voir où finissent nos déchets transforme notre regard sur la consommation : chaque achat est un vote responsable.

Chapitre III

Le protocole qui m'a réveillé

BD chapitre 3

Le 8 août 2016, je débarque à Pralognan-la-Vanoise, au milieu des montagnes. Je ne connais personne, je partage une colocation avec des inconnus, et je commence une formation de PNL (Programmation Neuro-Linguistique). Une discipline qui m'attire depuis longtemps… mais qui m'intimide. Je ne vais pas bien à ce moment-là. Je me sens vidé, décalé dans ma vie. Je n'attends rien, mais j'espère tout.

La salle de formation est chaleureuse, boisée. Par les fenêtres, on voit les sommets et les nuages qui passent lentement. L'air sent le pin et l'altitude. Très vite, je me sens accueilli, écouté, enfin dans un endroit où l'on parle le même langage : la volonté d'évoluer.

Arrive le protocole qui a changé ma vie : le chemin de vie. On commence par clarifier nos valeurs personnelles, la liberté, l'amour, la santé, le respect… Je sens que quelque chose remue en moi. Et puis on passe à la mise en mouvement. On trace deux chemins imaginaires au sol : l'un où je ne respecte pas mes valeurs, et l'autre où je les honore pleinement. Je fais les premiers pas sur le trajet du non-respect, et plus j'avance, plus mon corps se ferme, se crispe. Puis, à un moment, je me tourne vers l'autre chemin, celui où je respecte mes valeurs, et là… mon corps dit non. Un non viscéral, physique, comme un rejet. Je ne veux pas continuer dans la vie que je mène. Je ne peux plus.

J'ai compris ce jour-là pourquoi je n'étais plus bien : je ne me respectais plus. Je vivais contre mes valeurs. Et si je ne changeais rien, j'allais m'éteindre.

Dans les montagnes, en respirant un air plus pur que jamais, j'ai pris une décision intérieure : reprendre ma responsabilité. Et moins de deux ans plus tard, j'ai quitté la fonction publique. Ce jour-là, j'ai réalisé que quand tu respectes tes valeurs, ta vie s'ouvre. Quand tu t'en éloignes, elle se ferme. Et ce choix-là, il appartient à chacun d'entre nous.

La morale

Quand le corps dit non, c'est l'âme qui parle : respecter ses valeurs est une question de survie intérieure.

Chapitre IV

Quitter pour se respecter

BD chapitre 4

Quitter la fonction publique après 25 ans d'ancienneté… Je ne l'aurais jamais imaginé. Mais les dernières années avaient été une lente agonie intérieure. Chaque matin, je me réveillais avec une boule au ventre, une tension qui me serrait la cage thoracique du petit-déjeuner jusqu'au bureau. Je me desséchais, comme une plante oubliée sur un rebord de fenêtre. Les procédures, le cloisonnement, la hiérarchie, le manque d'autonomie… tout ça me tirait vers le bas.

Et après chaque stage de PNL, l'écart devenait plus violent : là-bas, je respirais. Au bureau, je suffoquais. J'ai commencé à me dire : « Si tu restes, tu trahis qui tu es. » Et aussi : « Peut-être que tu prends la place de quelqu’un qui serait bien mieux ici. » Assumer cette envie de partir, même vis-à-vis de mes proches, même vis-à-vis de mes collègues, n'a pas été facile.

Et puis il y a eu cette scène, ce fameux mardi. Ma collègue me dit : « Tu peux revenir à 13h15 au lieu de 13h30 ? » J'ai compris : c'était mon pot de départ surprise. Je ne voulais pas faire un discours creux, pas de banalités, ni d'hypocrisie. Alors j'ai décidé d'offrir quelque chose qui me ressemble : un exercice de PNL. Le bras tendu, un petit exercice simple mais puissant. Et là, devant 30 personnes, hiérarchie comprise, quelque chose s'est passé. Les regards ont changé. Le soir, ma cheffe de service m'a dit : « On ne t'a pas reconnu aujourd'hui. Ta voix… c'était autre chose. »

Deux jours plus tard, en faisant mes adieux, presque tout le monde m'a parlé de cet exercice. Beaucoup m'ont dit : « Tu as fait le bon choix. Si je pouvais, je partirais aussi. » Je suis parti la tête haute, avec la satisfaction d'avoir été vrai jusqu'au bout.

Partir demande du courage, c'est certain. Mais rester contre soi-même en demande encore plus.

La morale

Partir après 25 ans demande du courage, mais rester contre soi-même en exige encore davantage.

Chapitre V

L'argent qui déchire… ou qui relie

BD chapitre 5

Cette histoire, je l'ai vécue en témoin. Mais elle m'a profondément marqué, et elle est au cœur de pourquoi je fais ce que je fais aujourd'hui.

Dans mon entourage proche, un couple avec trois enfants a explosé en grande partie à cause de l'argent, parce qu'ils n'en avaient pas la même conception. Lui était économe, elle était dépensière. Ça a créé du ressentiment, des disputes, du silence, des tensions larvées qui ont duré des années. Et puis un jour, ça a cassé définitivement. Il ne voit plus ses enfants. Des grands-parents ne voient plus leurs petits-enfants. Et depuis vingt ans, cette famille porte cette brisure-là, silencieusement, douloureusement.

J'ai compris alors que l'argent n'était pas juste une question de chiffres : c'était aussi une question de valeurs, d'identité, de croyances héritées sans qu'on s'en rende compte. L'argent fait partie de notre histoire personnelle, ce que nos parents nous ont transmis, ce que nous avons observé, les silences, les tabous. Et quand on n'en parle pas, il devient un monstre dans l'ombre. Il crée des rapports de force, de la honte, de la culpabilité.

C'est aussi ce qui m'a amené à faire ce que je fais aujourd'hui : transmettre des connaissances, apporter des méthodes et des outils, pour que chaque personne puisse prendre les meilleures décisions financières possibles.

Parce que j'ai vu de près ce que le silence peut provoquer. Parce que je sais que parler d'argent tôt, calmement, peut éviter des années de souffrance. Parce que je crois qu'on peut utiliser l'argent comme un moyen au service de sa vie… et non le subir tel un maître tyrannique.

En y mettant de la conscience, on évite bien des erreurs, voire des drames. Et c'est ce que je souhaite faire avec honnêteté, bienveillance et simplicité.

La morale

Le silence autour de l'argent détruit des familles ; en parler tôt, avec bienveillance, peut éviter des drames durables.

Si je vous ai raconté ces histoires, ce n’est pas simplement pour vous parler de mon parcours.

C’est aussi pour vous montrer ce qui m’anime aujourd’hui : rendre les questions d’argent plus simples, vous aider à mieux comprendre votre relation à l’argent et à faire des choix en accord avec vos valeurs et vos projets de vie. Et cela sans jugement, sans jargon et sans solutions toutes faites.

Mon histoire en images

Bande dessinée complète — Bruno Boré

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